PROCESSUS DE FABRICATION DES ICONES :
LE SUPPORT :
Autrefois les icônes étaient peintes sur des planches de bois dont l'essence variait selon les régions (peuplier, hêtre, tilleul, etc.)
Je propose l'écriture des icônes que je réalise sur des bois de qualité tels que le tilleul, l'okoume ou le contreplaqué "marine". Ces planches d'épaisseur allant de 2 cm à 3,5cm lorsqu'elles sont munies de traverses qui évitent leur déformation peuvent être planes ou creusées. Leurs formes varient du simple rectangle à d'autres plus sophistiquées telles que le tondo, le rectangle + accolade, le diptyque, le triptyque, etc.
Il est nécessaire maroufler ces planches d'une toile fine en coton, lin ou de tarlatane.
L'ENDUCTION :
Je pose du levkas (blanc de Meudon + colle animale + eau) : 12 couches à raison de 2/jour afin de respecter le temps de séchage.
Ponçage à l'aide d'une pierre ponce naturelle suivi d'un massage manuel. Les finitions se font au papier de verre au grain fin.
DESSIN :
Transfert du dessin sur la planche en enduisant le revers de celui-ci d'un pigment ocre rouge ou vert de Bohème.
Fixation du dessin sur la planche en repassant sur ce pigment à l'aide d'un pinceau et de tempera.
GRAVURE :
Gravure des contours à l'aide d'une pointe sèche afin de ne pas perdre le dessin lors de la pose de la feuille d'or. De plus, en fonction du modèle, gravure de frises dans les nimbes .
DORURE :
Pose d'une "mixtion de 3 heures" correspondant au temps de séchage. Application de feuilles d'or pour les fonds et les auréoles.
TEMPERA :
Mélange de pigments, jaune d'oeuf, eau aux mêmes proportions. Les Anciens remplaçaient l'oeuf par de la bière ou d'autres matières collantes (suc de plante).
Les pigments proviennent : d'origine naturelle, des terres : de Sienne, de Bohème, etc.,
d'autres sont d'origine végétale ou animale : la laque d'alizarine (racine de la garance), le noir d'ivoire (ivoire ou os calciné).
Nous utilisons aussi des oxydes, par ex. du rouge de cadmium, du bleu de cobalt, du blanc de titane ou de zinc.
Certains sont artificiels ex. le bleu de Prusse 1er pigment synthétique, découvert en 1704 à Berlin par Heinrich Diesbach, produit par réaction de la potasse sur du sulfate de fer.
PEINTURE :
Pose du proplasme ou sankir ; base posée sur les carnations, les cheveux et la barbe des personnages. Coloris différent selon les époques et les Ecoles.
Chaque motif reçoit sa couleur de base à l'aide de la tempera décantée.
Les contours du dessin initial seront repris.
Superposition des couches de peinture à la tempera travaillées en flaques ou à sec.
Travail sur les lumières qui consiste à rendre les volumes à l'aide d'éclaircissements.
Finition à l'aide de rehauts blancs.
Le fond de l'icône se fera à l'aide de tempera s'il n'est pas en feuille d'or.
Cerclage des auréoles en rouge de cadmium. Les inscriptions également du même coloris désignent les personnages ou les scènes représentés, l'écriture reproduite est en grec, slavon ou russe.
REPRISES ET FINITIONS :
Technique de "l'assist" ou du "sgraffito", selon les modèles, par ex. les stries d'or sur l'himation (manteau) du Christ, les étoiles de virginité sur le maphorion (manteau à capuche) de la Vierge.
VERNISSAGE :
Le temps de séchage peut être très long, cela dépend de chaque icône.
Les Anciens utilisaient l'olifa (huile de lin cuite) qui peut avoir des inconvénients.
Actuellement l'utilisation d'autres vernis par ex. le vernis Dammar, de la cire d'abeille, etc. est admise.
BENEDICTION :
Bénédiction des icônes.
Voici donc les nombreuses étapes que nécessite la réalisation de l'écriture d'une icône dont je n'ai évoqué ici que les grandes lignes.